Mondes Flottants au MAC

Enfant, je croyais que l’art devait être beau. Et quand je voyais un Picasso, non seulement je trouvais ça laid, mais je m’imaginais que je pouvais faire pareil et je ne comprenais pas pourquoi on en faisait tout un plat. Je ne voyais pas le génie. Adulte, je n’ai toujours aucune expertise dans le domaine de l’art mais un peu plus de culture heureusement. Ce que j’attends de l’art aujourd’hui, c’est qu’il suscite en moi des émotions. Positives, négatives, peu importe. Des émotions et une réflexion. J’adore les musées d’art contemporain parce que les œuvres qu’ils exposent m’étonnent, me choquent parfois, mais souvent aussi m’amusent. Les artistes contemporains travaillent la matière mais aussi la lumière et le son. Ils créent des ambiances qui peuvent être joyeuses, oppressantes, oniriques… L’art contemporain c’est ludique, participatif, ça parle de notre époque, ça interroge sur nos sociétés, nos modes de vie.

La 14e Biennale d’Art Contemporain de Lyon a commencé le 20 septembre et dans le 6e arrondissement c’est évidemment au MAC que ça se passe.

Cette année, la biennale a pour thème ‘Mondes Flottants’. Je vais vous parler de trois œuvres qui ont particulièrement retenu mon attention :

Bataille de Rivane Neuenschwander
C’est une installation créée spécifiquement pour la Biennale. Un exemple d’œuvre participative pour laquelle l’artiste invite le visiteur à choisir des étiquettes sur lesquelles sont brodés des mots et à les épingler sur un tableau tendu de feutre. Ce ne sont pas des mots anodins mais des mots porteurs de sens qui ont une résonance particulière compte tenu de l’actualité ou du vécu de chacun. On trouve par exemple : « Lutte, frontière, néolibéralisme, fraternité, classe, sexuel, paix, bourgeois, Europe, mémoires, féminisme, travail, violences… » On lit ces mots, on regarde la manière dont ils ont été disposés et immanquablement on les associe à des évènements, à des faits de société, à notre histoire collective ou personnelle.

Rainforest V (variation 2) de David Tudor
C’est une installation sonore composée de multiples sculptures, chacune fabriquée à partir d’objets usuels : récipients divers, matériaux de plomberie, accessoires de cuisine et bien d’autres encore. Chaque sculpture est suspendue au plafond et équipée d’un appareil qui diffuse des sons tous différents. Pour bien les entendre il convient de s’approcher voire carrément de coller son oreille à l’objet ou de glisser sa tête à l’intérieur. Cette œuvre rencontre un grand succès auprès du public qui s’approche de chaque pièce exposée afin de guetter les bruits qu’elle va produire.

Two Columns for One Bubble Light, Three Stops for an Animal Architecture under Gravity, Minimal Surface of a Body Evolution on a Field et Stand up, Speaker up, see up d’Ernesto Neto
C’est un ensemble composé de tissu tendu ou suspendu, de mousse et de sable enfermé dans le tissu. Le tissu tendu et suspendu forme des espaces comme des tentes emboîtées les unes dans les autres. Le public peut s’introduire dans une première tente et en suivant un couloir en forme de huit entrer dans deux plus petits espaces au sol moelleux dans lesquels sont projetés des jeux de lumière colorée. C’est très ludique et enfants comme adultes s’empressent de retirer leurs chaussures avec la curiosité de découvrir ce que renferment les tissus étirés. A l’extérieur de cet espace l’artiste a prévu un escabeau qu’il est possible d’escalader pour découvrir l’œuvre d’en haut. On y va avec le plaisir d’un gamin.

En dehors de ces trois œuvres pouvez voir (écouter, sentir…) le travail de bien d’autres artistes comme :

Vivre de Joche Gerz

14e Biennale d'Art Contemporain de Lyon

Luar no Sertao de Lygia Pape
Pour cette installation je n’ai pas d’images mais je vous explique : entre deux rideaux occultant la lumière une pièce est plongée dans l’obscurité. Au sol est étalé un épais tapis de pop-corn. Du vrai pop-corn sur lequel sont projetés des rais de lumière. Je vous recommande de déjeuner avant de visiter l’exposition parce que l’odeur de pop-corn fait vraiment envie. Je ne sais pas si le personnel du musée le renouvelle quotidiennement mais l’idée de me vautrer dedans la bouche ouverte m’a vaguement traversée… enfin non pas vaguement. Franchement.

Pour conclure :  j’avais beaucoup aimé l’exposition consacrée à Yoko Ono ‘Lumière de l’Aube’, moins ‘Los Angeles une fiction’. Cette fois je recommande sans réserve « Mondes Flottants ». On passe un vrai bon moment et l’exposition est tout à fait adaptée pour une sortie en famille. Vos enfants et ados devraient adorer.

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